Stage de perfectionnement moto Niveau 1

Lieu : Circuit routier, Autodrome de Monthlery

circuit routier de l'autodrome de Monthlery

L'équipe de moniteurs du stage

Philippe Monneret Jean Claude Chemarin Christophe Cogan
Philippe Monneret Jean Claude Chemarin Christophe Cogan

Rdv à 8hoo à l'entrée du circuit de Montlhery, sur le coup quand je débarque sur le parking, je me demande si je ne me suis pas trompé de stage au vu du parc de machines présentes : beaucoup de roadster, Z1000 & Z750 Kawa, Honda Hornet, Gsxr 1000 et 750 etc...bref bien éloigné de mes fréquentations habituelles

Accueil devant le circuit de Linas-Montlhery

Sur ce parking, trônent deux pépites :

Suzuki RG500 4 cylindres 2 temps

Cette très belle Suzuki RG500 2 temps 4 cylindres, très bien restaurée, avec ses disques de freins en acier plein, pilotée par un sympathique petit italien très fantasque, qui refera parler de lui plus tard dans la journée.

Suzuki 750 Gsxr

et son pote sur cette vénérable Gsxr750 avec un magnifique cadre alu

le pointage des participants ayant été effectué, nous rentrons sur le circuit pour l'accueil proprement dit, avec café, croissants jus de fruits, de quoi être en pleine forme pour nos futurs exploits

Accueil du stage et préparatifs

Le stage se fait au choix avec sa moto personnelle ou avec une Yamaha FZ6 de location.

Matinée: présentation de l'équipe et du programme de la journée

Vérification technique des machines, contrôle des pressions pneumatique, contrôle des pots d'échappement, qui peuvent être racing (Yoshimura, Devil etc..) mais homologués et avec chicane en place, sinon l'entrée sur la piste sera refusée. Comme cela est bien précisé à l'inscription, tout le monde est dans les clous

-présentation individuelle des stagiaires pour évaluer leur expérience et formation de 2 groupes les rapides (avec Christophe Cogan) avec les machines puissantes (Gsxr1000, Bandit 1200, Kawa Z1000, 1000 Aprilia Tuono, Honda 1000 CBR, 1000 Fazer, etc...et aussi en fonction de l'expérience "déclarée" des pilotes), 2ème groupe permis récents (avec le sieur Chemarin), Yamaha FZ6, 1 ER6N, Ducati 695 Monster, et DL650 (vive moi !).

les stagiaires sont originaires d'un peu partout, il y a un lorrain qui est venu la veille, un gars de Cavalaire, venu passer cette journée avec ses potes de la région parisienne, trois motards de Valencienne, motivés les gars !

9h30 départ vers le circuit routier, roulage en groupe et à vitesse réduite pour découvrir le tracé...et le revêtement qui présente tout un panel de surfaces, bitume avec des raccords longitudinaux en pleine trajectoire, zone de revêtement en béton plus ou moins ébreché et écaillé ! zone d'enrobé très lisse, zone bosselée et plissée en plein courbe, une bosse en plein virage sur l'angle (sympa !)

Après 6-7 tours nous rejoignons une ligne droite ou nous attend une alignée de cônes ou nous allons slalomer en nous déhanchant de la moto du côté intérieur du virage en penchant le moins possible celle-ci. Une dizaine d'aller retours plus tard, débriefing avec les instructeurs (Chemarin est assisté d'un petit jeune qui fait les démos de ce que nous devons reproduire et qui apprend son métier d'instructeur en même temps), correction des mauvaises positions sur la moto.

2ème exercice du jour, accélération jusqu'a 100 km/h et freinage le plus court possible sans rétrograder les vitesses, au niveau du dernier cône de la rangée. 1ère tentative je freine à l'avant dernier cône, trop tôt. Il faut plusieurs essais pour oser y aller franchement, 100 km/h ça paraît très rapide. Le principe étant de freiner 60% AV et 40% AR à la limite du blocage, sans bloquer l'arrière. (Pas de problème pour moi, merci l'ABS :-))) Nous passons 2 par 2, étonnant les différences d'arrêts, manifestement certains n'osent pas y aller franchement, ils se font (gentiment tancer par Chemarin) qui les oblige à recommencer plusieurs fois en leur expliquant comment aborder techniquement dans les meilleurs conditions l'exercice, c'est à dire en augmentant progressivement mais fermement la pression de freinage sur la poignée pour d'abord mettre la fourche en compression avant d'appliquer la force maximale; car si l'attaque de la poignée est trop brutale il y a risque de blocage alors qu'ensuite on "sens mieux " le dosage à appliquer. Moi, avec mon ABS je suis très content, pas de question à me poser, dans le groupe il y a une Honda Hornet équipée du Dual CBS, couplage avant-arrière, le gars n'a pas l'air de s'en faire non plus ! Merci la technologie. Chemarin souligne d'ailleurs le plus apporté au niveau sécurité par ces dispositifs, tout en expliquant que ce n'est pas pertinent en conduite sportive, pour des pilotes très expérimentés.

Après 1h30 d'exercice et avant d'aller nous restaurer,nous avons le droit à une dizaine de tours du circuit routier derrière Chemarin sur une Yamaha R6 . Bien entendu il faut appliquer les enseigements de la matinée, à savoir le fameux "déhanchement" en se soulevant sur les reposes pieds, sortir le bassin à l'intérieur du virage, puis pencher le buste également vers l'intérieur en fléchissant le bras intérieur, et la tête et le regard tourné vers le point de corde (au 3/4) du virage puis vers la sortie du virage en remettant progressivement les gaz à partir du point de corde. Chemarin, mine de rien augmente la cadence à chaque tour, ce qui fait que la colonne des stagiaires s'allonge et je suis très satisfait de constater que j'arrive à peu près à suivre le ryhtme des 5 premiers, alors que derrière les feux s'éloigent progressivement, je ne suis pas le pire.

Mais dans cet exercice, je touche aussi les limites de la DL, à chaque sortie de virage, les FZ6 et 1 Hornet, entre 20 et 30 cv de mieux que la DL, qui sont devant moi "tendent l'élastique", et en me crachant dans les mains je recolle en bout de ligne droite ou dans les courbes bosselées ou les supensions à grand débattement font merveille et ou je me rapproche des roasters moins rigoureux en comportement, mais au freinage je me fais une chaleur parce que l'efficacité des freins souffre de la comparaison avec les roadsters qui sont devant et la distance entre eux et moi diminue très très vite.
Les tours suivants, je freine plus tôt :-(((.

Retour ensuite à l'accueil du circuit, pour le repas pris en commun. Une pause bienvenue, car il est 13 heures, les instructeurs ont voulu profiter du beau temps du matin, ils devaient savoir que l'après midi serait moins idyllique :o)

Avant le repas, tous les pilotes ont été invités à refueler, car sur circuit la conso augmente beaucoup car il y a de nombreuses fois ou on attend son tour pour passer à un exercice et quand on roule on y va généreusement sur la poignée de gaz, quand je montre ma jauge qui est toujours à 5 barres et le trip à 130 kms, le jeune instructeur en formation ouvre des yeux ébahis et me demande si ma jauge est en panne (Arf !), je le rassure, l'histoire va faire le tour des chaumières....:o) Pas l'habitude dans le monde des sportives gloutonnes...

Pendant le repas, les instructeurs se mélangent aux stagiaires et c'est une discussion à batons rompu avec des anecdotes sur leurs expériences (grandes et riches d'évènements en tous genre) très sympa d'échanger librement avec ces légendes des courses moto qui restent très simples et n'ont pas la grosse tête, et sont toujours passionnés et volontaires pour transmettre une part de cette expérience. A la fin du repas, vidéoprojection des photos prises par le photographe du circuit pendant le roulage de fin de matinée. Christophe Cogan, commente une à une les photos avec correction à l'appui pour chacun d'entre nous, des bons et des mauvais points assimilés lors des exercices matinaux. Position sur la moto, regard, posture du corps, doigts posés sur l'embrayage ou le frein ou les deux en virage (pas bien !). Moi j'échapperais à une remarque à ce niveau, j'ai les mains bien cachées derrière les protège mains:o) mais je sais que j'ai tendance à le faire :-(((. Par contre alors que je pensais que je déhanchais pas mal, à la vue de la photo, je constate qu'il y a encore de la marge à gagner et la tête pas assez tournée vers la sortie du virage, comme on me le fait remarquer. A travailler donc.

14H On repart sur le circuit avec au programme: technique pour aborder correctement les virages.Description de l'exercice on gare les motos avant une épingle à droite, et les instructeurs positionnent deux cônes matérialisant le point de déclenchement du virage, un cône matérialisant le point de corde (3/4) du virage et deux derniers cônes marquant la trajectoire qui va en élargissant l'ellipse de sortie sur le bord gauche de la piste. Donc but du jeu : freiner en ligne en rentrant 2 vitesses (variable suivant les motos) lacher des freins entre les 2 premiers cônes et prise d'angle en décélération sur le frein moteur, tout en déhanchant le plus possible, et en soignant le regard loin en anticipation du virage à venir, remise des gaz progressive depuis le point de corde tout en relevant la moto par appui sur le repose pied extérieur, le but étant d'être pleins gaz entre les 2 cônes de sortie.

Nous restons sur le bord de piste à l'intérieur de l'épingle et Chemarin et son jeune collègue nous font la démo à leur ryhtme à eux (impressionnant avec leurs motos qui se tortillent au freinage, violent et à la limite)

Et... c'est à ce moment que les premières gouttes de pluie font leur apparition..... On va comprendre le reste de l'après midi ce que le déhanchement peut apporter dans ces conditions.

Et c'est parti, un par un, on passe sous l'oeil critique de nos anges gardiens qui nous font force gestes au passage pour indiquer ce qui ne leur plait pas dans notre style, sous la pluie car maintenant c'est la pluie continue. Au 3ème passage, Chemarin me fait signe de m'arrêter en sortie de virage, et me tient ces propos : "Tu fais un truc qui ne va pas: tu n'es pas assez déhanché et ta moto prends beaucoup trop d'angle sous la pluie, tu nous fait peur !" Je ne moufte pas, le pro c'est lui, mais je suis un peu surpris, je n'ai pas la sensation de tant pencher que ça, par rapport à eux, nous on est quand même en mode "raviole"...Il me dit que je risque potentiellement la chute, soit !

Reprise des tours et cette fois je mets le paquet côté déhanchement, bras intérieur bien plié le buste très incliné, ça semble mieux lui plaire, j'ai droit à deux pouces levés puis les tours suivant à un geste avec rotation du poignet pour m'inciter à réaccélérer en douceur dès le point corde. Quelques tours plus tard arrêt de toute la troupe en deux lignes sur la piste sous le déluge :-((( et débriefing avec chacun d'entre nous, sur les points faibles et les points forts. Et là, on apprend qu'il a eu une petite chute d'un des membres du groupe, à cause d'une mauvaise posture sur la moto et d'une prise d'angle déclenchée avec le buste et les épaules et non avec le genou sorti et ça a provoqué le décrochage de l'avant. Analyse immédiate de la chute avec le "fautif" un peu penaud et dont l'ER6N a rapé à droite sans trop de dommage.

Donc tout ceci se déroule sur un demi-circuit pendant que l'autre groupe (les rapides) travaille un autre virage sur l'autre demi circuit.

15h30 on échange nos demi-circuits, exercice équivalent sur l'autre virage, donct la particularité est que le virage est en fait un by-passe entre 2 lignes doites, avec une bande blanche de "stop" en plein sur la trajectoire et sur l'angle. Donc nous sommes invités expressément à placer nos roues dans un couloir de 70 cm environ entre l'extrémité de la bande blanche et l'herbe ! Pas évident du tout de déhancher, viser le petit couloir en question puis réaccélérer comme tout à l'heure en visant les cônes de sortie. Nous ferons une quinzaine de passages en 1 heure toujours sous le pluie et à la fin, tout le monde en a marre, la fatigue commence à poindre, les trajectoires se font de plus en plus chaotiques, il est temps d'arrêter.

17h arrêt des hostilités, pour finir en beauté, nos mentors nous emmenent en procession, direction le mythique anneau de vitesse de l'autodrome jusqu'aux box marqués Alfa Roméo, Bugatti etc etc...L'un d'eux, fait un tour de reconnaissance en solo pour tester l'adhérence à vitesse réduite, l'anneau est en béton, et la méfiance est de mise. Après validation de l'essayeur, nous allons successivement, chaque groupe, parcourir 2 tours de l'anneau à 120 km/h maxi derrière nos instructeurs du jour, et c'est bien assez car c'est une sensation étrange dans les virages relevés, nous restons sur la partie basse de la piste (pour monter plus haut il faut des vitesses élevées),mais avec l'inclinaisons de la piste même en bas et vu la vitesse modérée à laquelle nous roulons nous sommes légèreremnt penchés vers l'extérieur du virage, étonnant ou du moins c'est l'impression que donne l'inclinaison de la piste qui augmente de façon très importante.Chemarin nous explique que pour être sur le 4ème couloir tout en haut il faut être au minimum à 260, et il faut un gros coeur car vu l'état du revêtement, on est secoué comme un prunier. Monneret le fait (sur piste bien sèche évidement) mais pas lui.

Et voilà la journée s'achève, on retourne en salle pour le débriefing de cette belle journée, intense, bien remplie, mais fatigante et encore je ne vous dit pas le lendemain, vous avez les cuisses ruinées (déhanchement par appui sur les repose pieds, on nous avait prévenu !!) comme si vous aviez fait 100 kms à vélo (ça fait 48heures et j'ai toujours bien mal...)

S'en suit une séance de questions-réponses, le niveau 2 par exemple est plutôt destiné aux pilotes sportifs qui font de la piste avec approfondissement des techniques de pilotage avancées: freinage-rétrogradage simultanés, entrée en virage sur les freins etc etc...Une question d'un "sportif" du groupe sur le réglage des suspensions a ammené une mise en garde de Christophe Cogan qui a insisté sur le fait que c'était plutôt réservé aux gens qui avaient suffisement de ressenti et d'analyse pour régler à bon escient, compression et détente surtout sur les motos supersport ou les réglages sont nombreux et qu'a défaut il a avait risque de détériorer complètement le comportement de la machine.Pour le motard lambda, un simple réglage de la précharge de ressort avant et arrière est amplement suffisant pour la conduite de tous les jours.

En début de journée, j'avais un doute pour ma conduite quotidienne du bien fondé des exercices préconisés, mais finalement à postériori je me rends compte que le but n'est pas de transformer la majorité des stagiaires en pistards professionnels, mais de donner des base techniques qui permettent ensuite de mieux appréhender les difficultés de condition de roulage (pluie, revêtement dégradé, bonne appréhension des virages et des trajectoires que l'on peut rencontrer tous les jours de façon impromptue). Merci au forum DL, à ses membres expérimentés et aux bonnes bases que j'avais déjà acquis en arrivant là, à travers les différentes balades auquel j'ai participé, je ne cite volontairement personne pour n'en oublier aucun mais ils se reconnaîtront.

Je pense que je récidiverais dans un an, ce n'est pas donné mais c'est un investissement sur le long terme. Il ne me reste plus qu'a garder en mémoire les conseils prodigués pour les mettre en application, et les travailler.

Super ambiance, grand professionnalisme des intervenants = super journée.